Des bribes de l’enfance

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Mercredi soir, je suis (enfin) allée voir le film Ça.

Je dis enfin, parce que le film est sorti le 20 septembre et que je trépignais d’aller le voir.

Même si soyons honnête, j’étais plutôt dubitative lorsque j’avais entendu parler du projet ciné.

Je me demandais pourquoi il refaisait un film après le très efficace téléfilm des années 90 avec Tim Curry dans le rôle du creepy clown.

Mais bon, j’ai tout de même suivi la machine hollywoodienne de loin et puis progressivement lorsque j’ai vu les premières bandes annonces, j’étais conquise, je voulais le voir ce film.

Donc. Je l’ai vu. Un ami qui était là vous dira que je semblais oppressée sur mon siège (ce qui est totalement faux), que je semblais par moment en tension (oui peut-être quelques minutes alors) et que je me recroquevillais de temps en temps (ok il se pourrait qu’à plusieurs reprises, sentant les moments angoissants arrivés dans le film, je me sois un chouia enfoncée dans mon siège. OUI OUI OK).

Au début du film, il m’a fallu plusieurs minutes pour arrêter de me dire : ah, mais dis donc c’est pas comme dans le livre, ça non plus, cette scène là, ça se passe comme ça dans le bouquin les mecs. Et après je suis bien rentrée dedans, j’ai beaucoup aimé le casting, j’ai trouvé que les gamins jouaient très très bien et leurs personnages sont aussi attachants que dans le livre. J’ai trouvé qu’il y a des moments angoissants, mais ce n’est pas un film d’horreur à proprement parler pour moi.

C’est un film, qui montre clairement ce moment de transition qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence et de tout ce qui peut être perturbant, terrifiant dans ce moment de changement où on laisse des parties de soi pour aller vers un soi qui nous est inconnu.

(Ce qui peut être une transition équivalente à l’ascenseur émotionnel qu’on peut avoir en regardant un film d’horreur en fait.)

Et il y a cet esprit dans le livre.

Ce livre que je relis actuellement, 24 ans après l’avoir lu pour la première fois.

Et maintenant que mon moi adulte le relit, des souvenirs, des sensations remontent. Ce livre aussi terrifiant soit-il, c’est exactement le livre qu’il me fallait pour la période que je traversais à l’époque. J’avais 12/13 ans et j’étais comme les héros en plein bouleversement hormonal et personnel. C’est avec ce livre que j’ai fait la connaissance de Stephen King. Inutile de vous rappeler mon amour pour cet auteur, j’en ai déjà parlé ici notamment.

Mais maintenant à 36 ans, ce qui me vient, c’est que cet auteur et plus particulièrement ce livre, ont été des soutiens lorsque j’avais 12 ans et que je me sentais paumée, différente, pas tout à fait à ma place là où j’étais.

Pour un tas de raisons aussi, ce livre, sur l’enfance, sur les monstres cachés dans le placard ou sous le lit, a ouvert des pans entiers de ma conscience sur ce qui m’entourait, les gens, les situations, ce qui se passait en moi. Dans ce moment de ruminations intenses, j’ai vu dans ce récit, une manière de m’extirper des ténèbres où je m’étais cachée, apeurée et tremblotante.

Le soir, après le film, juste avant de me coucher, je me suis demandée : est-ce que j’avais saisi à l’époque ?

Est-ce que j’avais entrevu l’idée que je pouvais affronter mes démons ? Que je pouvais les regarder en face sans faillir parce que j’étais suffisamment forte ?

Parfois, je me demande si c’est avec ce livre que j’ai commencé à comprendre que même dans les tréfonds les plus reculés de l’âme, la lumière perdure et ne nous quitte pas.

 

 

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