Everything arrive pour une reason

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Dimanche, il y a 10 jours, 7 heures du mat. Je ne suis pas loin de chez moi.

Pompette, je sens encore les effets du champagne (bu en bonne quantité pendant la soirée) qui s’estompent progressivement.

Je repense par bribes à la fête. L’anniversaire d’une bonne copine.

Je pense aussi de manière insistante à mon lit. Je suis fatiguée, mais toute guillerette de ce moment passé à danser, j’ai même appris des brides de tango, ça m’a plu. J’ai parlé avec des copains, redécouvert des personnes croisées au cours d’autres soirées. J’ai bu.

J’avais oublié comme c’est bon de lâcher prise.

Je me souviens avoir quitté la soirée en chantant « New York, New York » à tue tête dans la rue. C’est marrant, parce que plus tard dans le métro, un groupe de jeunes s’est mis à la chanter. J’ai voulu me joindre à eux, mais j’étais trop fatiguée, alors j’ai souri et j’ai entonné « New York, New York »… dans ma tête.

Je suis arrivée au dessus du parc près duquel j’habite. J’ai une magnifique vue sur Paris. La lumière est belle, vive. L’atmosphère est douce et confortable. J’ai sommeil, mais je prends le temps de fermer les yeux, de rester debout et de profiter de cet instant de quiétude.

Un rare moment.

J’ouvre les yeux, je me dis que c’est mon premier vrai jour de vacances depuis très, trop longtemps. Je me sens pleine d’énergie pour des tas de trucs, écrire, expos, ciné, sorties avec les copains. Des tas de choses putain ! des tas !!!! Je me sens conquérante. Ce sera des vacances actives pour sûr.

Et puis je suis tombée malade.

Dimanche, ça va, sauf un petit mal de gorge, je prends un truc ça passera. Lundi, j’ai encore un peu mal et je sens qu’un rhume se profile, je prends un petit médoc. Je fais pas gaffe à ce truc, ça passera. Mardi, la même. Mercredi, je me sens pas bien. Je vais manger avec une pote. J’ai des frissons, dès notre déjeuner terminé je rentre chez moi, me mettre au chaud sous la couette. J’ai de la fièvre. Ca ne passe pas, rendez-vous chez le doc, c’est une sacrée sinusite, bien rude, bien assomante.

Je suis plombée.

Et c’est parti pour une semaine de repos forcé. Bah oui, malgré toute ma volonté conquérante, mon corps a dit stop.Dans le fond, je ne suis pas si étonnée.  Mon mois de juillet a été particulièrement intense. J’ai bossé comme une damnée, j’ai eu les représentations théâtrales, j’ai du gérer d’autres choses de ma vie perso. Sacré mois de juillet. Je me suis mise en mode robot. Pourtant je sentais le stress, la nervosité, mais je n’y ai pas prêté attention. Je sentais la fatigue, mais j’ai pas déconnecté. J’ai pas posé de limites.

Et là Paf, premiers jours de vacances, mon corps a tout senti, emmagasiné et il n’est pas d’accord pour faire comme s’il ne s’était rien passé.

J’étais furieuse de ce début de vacances. Je me demandais pourquoi ça me tombait dessus comme ça. J’étais dingue. Et puis, malgré la fièvre et mon état fébrile, j’ai progressivement redécouvert la joie de ne rien faire du tout. Pas de pression, pas de rendez-vous. Des envies de légumes et de fruits uniquement. L’envie de me consacrer du temps, d’être bien.  Les jours de pluie m’ont aussi empêché d’être trop aigrie de rester chez moi. Je me suis calmée et je me suis dit qu’il m’avait fallu subir ce repos forcé pour vraiment reprendre des forces et me sentir mieux. Et puis j’avais la présence réconfortante de mon chat qui a passé du temps à se lover près de moi.

Je me sens d’humeur à repartir. Non pas en mode  valkyrie qui décime tout sur son passage hein. Plutôt en mode curieuse, jeune femme qui tente et advienne que pourra.

Toutes dans mes considérations, j’ai appris le décès de Robin Williams dans la nuit du 11 août. Cet acteur capable de jouer un animateur radio rebelle pendant la guerre du vietnam, ce grand enfant se trouvant enfermé dans un jeu grandeur nature, ce gars qui savait porter la robe à fleur comme personne et ce professeur que l’on a tous rêvé d’avoir. Oui un acteur emblématique de mon enfance et de mon adolescence dont le talent comique, mais aussi par moment tragique a marqué beaucoup de monde. J’étais touchée d’apprendre qu’il s’était suicidé à l’âge de 63 ans. Je savais qu’il se débattait face à des problèmes d’addictions à la drogue et d’alcool depuis des années. Il souffrait de dépression. Suite à cette issue tragique, pas mal d’articles évoquent la dépression.

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Robin Williams, c’était ce clown dont on attendait la bouille énergique et les bons mots en interview.  On peut parfois être un clown, être plein de vie, être d’un extérieur vivifiant pour les autres et pourtant à l’intérieur quelque chose brûle. On se consume, on a l’impression de tomber dans un puits sans fond et remonter demande des forces, des ressources incommensurables. Et pourtant, derrière ce masque, une souffrance qui ne s’exprime pas. Cadenassée par des années de déni ou de peur d’exprimer ce qui est parfois à tort perçu comme une faiblesse.

Je suis contente que ces articles voient le jour. Je me dis que cela pourrait toucher, aider quelqu’un quelque part. Libérer des mots, une parole, une envie de raconter ce nuage grisatre qui ne part jamais vraiment.

Pour ceux que ça intéresse : le site Madmoizelle a fait un article sur l’acteur en mettant à la fin des adresses de sites utiles pour les personnes en souffrance qui souhaitent en parler. Des conférences TED sur le sujet, des partages d’expériences sur la dépression et le suicide. Des récits (en anglais, mais google trad is votre ami) sur des personnes qui ont trouvé un chemin de lumière dans la noirceur que peuvent représenter la dépression et les envies suicidaires.

J’ai envie de finir sur une citation que j’ai piqué au film « le cercle des poètes disparus » :

Carpe Diem : Profitez du jour présent mes amis, que votre vie soit extraordinaire.

Bonnes vacances tout le monde, que vous partiez ou non, profitez bien de petits moments de temps libres 😀

 

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5 Réponses

  1. Ces commentaires sur les clowns, ça me donne envie de débattre évidemment…
    Moi mon clown il est loin d’être triste! Un vrai personnage, on s’ennuie jamais. Je dis pas qu’il est que drôle, loin de là. Mais qui n’est que joie et sourire?
    Si on parle des gens qui « font le clown », alors je suis bien d’accord qu’on parlera de mécanisme de défense, de masque protecteur. Encore une fois, on en a tous un… sauf Bouddha évidemment.
    Mais l’art du clown, est en cela magique qu’il nous demande de nous mettre à nu, d’enlever le superflu; de sortir de la cage de notre éducation et notre conditionnement sociétal qui sont ancrés au plus profond de nous. Pour moi le clown est un merveilleux outil de travail sur soi, l’autre, la vie.

    1. Comme je le disais « Derrière le masque se cache parfois une tristesse oui c’est vrai. »
      Parfois oui, mais comme tout un chacun, « qui n’est que joie et sourire » personne, c’est justement pour ça (bon là je parle d’expérience perso) que le rire constant est un masque qui est parfois bien commode pour se protéger…
      L’art du clown est très méconnu, c’est cool que tu en parles en détail pour montrer que c’est notamment un magnifique outil artistique pour se connaître et pour apprendre à connaître ce qui se trouve aussi en dehors de nous 😀

  2. […] ça va. Après le mini fiasco de mon début d’été (aka ma sinusite endiablée), j’ai laissé Paris derrière […]

  3. Il faut toujours se méfier des clowns, toujours. Ils sont tristes, en général.

    1. Hello, Depuis quil est né 🙂
      Derrière le masque se cache parfois une tristesse oui c’est vrai.

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