Petite fille modèle staïle

Les Petite filles modèles Comtesse de Ségur

En dehors d’être un livre à succès de la Comtesse de Ségur (cf la couverture illustrant cet article, n’est ce pas), petite fille modèle, c’est une expression qui m’est venue en discutaillant avec ma copine E.

Pour résumer, nous parlions de nos parents. Et du fait de ne pas correspondre complètement à la personne qu’ils voudraient que l’on soit.

Les fêtes de fin d’année, pour elle comme pour moi, ont été l’occasion de nous réunir en famille.

Des moments agréables où l’on prépare, on ripaille, on discutaille, on digère en famille. Mais ça peut aussi être le moment de discussions animées sur nous, nos vies, nos projets et c’est là que ça peut partir en cacahuète.

C’est à ce genre d’occasions que cette idée de « petite fille modèle » me revient en tête. Si tu veux, c’était une certaine idée de la perfection que j’avais. Je m’imposais des « il faut », « je dois », « je suis obligée ». Tout cela agrémenté de « je devrais être comme ci », « je ne devrais pas être comme cela ».  Et tout bêtement, sans verser dans la psychologie à deux balles, j’essayais de correspondre à une image qui faisait plaisir à mes parents. Il y a d’autres raisons pour expliquer mes envies de correspondre à cela, mais c’était l’un de mes liens les plus forts. Je crois que ce qui a marché (et marche encore parfois hein, soyons honnêtes) c’est que j’avais peur de déplaire. Je redoutais qu’en ne me conformant pas à ce que l’on attendait de moi, je ne serais plus aimée appréciée.

Donc nous parlions de cela avec ma copine E, de la difficulté à se dégager d’une image exemplaire viendus tout droit de l’opinion de nos parents. Il y a aussi ces moments paraissant insurmontables et douloureux de se confronter au regard « désapprobateur » des parents.Parce que l’on n’a pas suivi la voie scolaire toute tracée, mais plutôt parce que l’on est d’abord passé par une filière et qu’on a fini par changer pour une autre. Parce que l’on n’a pas choisit un boulot confortable et super bien payé, mais plutôt un boulot passionnant avec de supers collègues, dans un super domaine, dans lequel un salaire de folie est exclu, mais où l’on ne s’ennuie pas. Parce que l’on ne partage pas les mêmes idées, on ne correspond pas aux critères de féminité ou physiques qu’ils aimeraient, parce que l’on ne partage pas les mêmes passions.

Nous parlions aussi du fait qu’il était nécessaire de se dégager de tout ça pour se sentir bien avec soi-même avant tout. Il y a un moment où la petite fille modèle doit laisser sa place, à l’adulte, la femme, la nénette responsable. Ça prend du temps, je vous dirais même que ça prend toute une vie (ça fait paroles de chanson à la Pascal Obispo, oui).

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4 Réponses

  1. Comme tu le sais, la peur de déplaire à ma famille, il y a longtemps que je ne l’ai plus, mais bon, mon cas est particulier 😀
    Mais du coup, je réalise que je ne sais même pas comment ça se passe pour une famille « normale »!!
    Bisous

    1. Oui c’est vrai que tu as bien surmonté cela, tu as bataillé et tu te réalises pleinement dans ta propre vie de famille. Tu sais famille « normale » c’est pas trop mon cas non plus :-), je pense que pour beaucoup il y a ce désir de s’émanciper tout en restant proches. Complexe, mais nécessaire pour se sentir bien dans nos vies.

  2. J’ai aussi cette peur de déplaire, mais face à mes parents, j’ai toujours été très rebelle. On a clashé tout au long de mon enfance et de mon adolescence, donc même si ça n’avait rien d’agréable (et je ne le souhaite à personne), cela m’a pardoxalement libérée. Un peu. J’ai quand même fini par faire des études, et même par y retourner après une pause, alors que je n’étais pas certaine de leur utilité…
    Quant à mon mari, il a résolu ce conflit d’une autre manière encore : la trentaine bien entamée, il continue à jouer le jeu devant ses parents, c’est-à-dire à leur dissimuler certains trucs un peu moins « modèles » de sa personnalité. Il leur montre ce qu’ils s’attendent à voir, en gros. Au départ, ça me paraissait bizarre, mais finalement, on n’a pas besoin de tout dire à ses parents non plus… (Je rassure, il ne devient pas une autre personne, LOL, ça reste des détails pour moi.) Je pense que pour lui, c’est aussi une question de respect : on se comporte différemment avec ses parents qu’avec ses potes.

    1. Salut Jeanne :-),
      C’est vrai que cette période de clash n’a pas du être un moment agréable, être rebelle face aux autres ça expose beaucoup et on peut se sentir très vulnérable. Mais tu parles du fait que cela t’a permis de te libérer, je trouve ça bien que tu voies ce résultat.
      Je suis un peu comme ton mari, je ne pense pas non plus qu’il faille tout montrer de nous mêmes à nos parents, mais j’aime bien l’idée d’assumer la personne que je suis devant ma famille et plus particulièrement ma mère. C’est vrai que je ne me comporte pas de la même façon avec mes amis et ma famille.
      Merci pour ton petit mot, bon après midi !

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