Comment j’apprends à gérer la colère…d’autrui

Avant hier soir, quand j’ai vu une copine pour boire un verre, nous en sommes venues à parler de la colère chez autrui. Je lui expliquais que j’avais du mal avec ça. Enfin plus particulièrement, j’ai du mal avec les gens qui se revendiquent « soupe au lait ».

Quand les gens se mettent en colère, je le prends pas pour moi. J’arrive à avoir suffisamment de recul pour ne pas le prendre personnellement et passer à autre chose (m’enfin ça dépend tout de même de mon humeur hein). Toutefois, les personnes dites « soupe au lait », intérieurement, je ne gère pas. Concrètement, quand une personne se met à adopter un comportement dans ce style, je suis d’abord surprise et ensuite très gênée et enfin j’ai envie de fuir parce que ça m’est très désagréable.

C’est que je ne sais vraiment pas sur quel pied danser.

Je lui racontais que dans le milieu pro, je côtoie une personne qui peut se montrer ainsi. D’une occasion à l’autre, cette personne peut se montrer sympathique, aimable, de bonne compagnie. Cela peut-être un réel plaisir de la voir au cours d’un rendez-vous. Une autre fois, elle va s’énerver, va passer ses nerfs avec perte et fracas, va se montrer très dure, va se mettre en colère après son interlocuteur (moi ou quelqu’un d’autre, n’est ce pas) pour le moindre motif (et cela même si on a rien à voir dans l’histoire). Là j’ai la désagréable sensation qu’Attila et ses troupes me sont passées dessus (en tout bien tout honneur hein, je te rappelle que je parle de colère et pas de sexe), que moi, je trépasse de fatigue parce que j’emmagasine tout ça.

Et ça me décontenance plutôt pas mal.

J’aime pas avoir cette sensation désagréable de servir de réceptacle à connerie énervement ou à frustration. Je n’apprécie pas de devoir prendre des pincettes de folie pour pouvoir évoquer un sujet qui peut rapidement devenir une source de discorde (alors que franchement à la base, il n’y a aucune raison). Je n’aime pas redouter certaines entrevues pros avec cette personne parce que je me dis que cela peut mal se passer. Et puis surtout, j’aime pas me dire que j’essaie de rester dans une position mature, que j’essaie de m’affirmer sans agressivité et que cela sert à rien d’hurler plus fort alors qu’en face de moi j’ai quelqu’un qui semble vouloir en découdre sous prétexte qu’elle est mal lunée.

Moui tu l’auras compris, ça m’énerve et ça me rend mal à l’aise dans le même temps. Et pourtant, je me dis que c’est aussi une manière d’en apprendre encore plus sur moi-même. En fait, j’ai déjà rencontré ce type de comportement (dans le domaine perso et professionnel) suffisamment de fois pour savoir que ce n’est pas peut-être pas par hasard que je m’y retrouve confrontée. Du coup, j’ai eu le temps d’expérimenter plusieurs types de ripostes.

-il y a la riposte, je me tais, je me fais oublier, je suis la discrétion puissance 10 incarnée. Bon, je peux te dire qu’en terme d’efficacité  c’est de l’ordre du zéro. L’autre personne ne se sent plus pisser et elle semble prendre un plaisir évident à s’énerver encore plus après toi.

-il y a le : je braille encore plus fort, je rentre dans le conflit, je m’énerve, je pique des colères énormissimes. Je laisse le Hulk qui est en moi éclater au grand jour. Efficacité 60 % sur le moyen terme et zéro sur le long terme. Avec quelqu’un de lambda qui pousse ses colères de temps en temps, cela peut fonctionner. Mais chez un colérique notoire, c’est bof car l’autre n’a pas peur de la baston, bien au contraire et ça lui plaît de trouver un adversaire (oui parce que c’est ce que tu finis par devenir pour lui) et du coup c’est comme si tu rentrais sur un ring et l’autre n’attend que cette occasion pour batailler encore plus.

-il y a enfin the last, but not the least le je m’affirme posément, j’ai des réactions adaptées, mais pas exacerbées, je suis dans le dialogue, mais il est hors de question que je te laisse m’envahir. Pour l’instant, efficacité plutôt bonne. L’autre continue à pousser des gueulantes (moins fréquentes), mais ne trouvant plus aucune prise, bah il se calme plus rapidement et se montre moins enclin à chercher la petite bête.

Mais purée, c’est difficile à tenir comme positionnement. Pour l’instant, je le sens que c’est la meilleure manière de ne pas me laisser envahir, agresser et bouffer par le comportement colérique de l’autre. Ca fonctionne bien, mais moi je ne suis pas encore très sûre de ma confiance là dessus. Du coup, je perds souvent pied et je me sens à nouveau comme une mioche de 4 ans qui se ferait enguirlandée par sa maîtresse de maternelle. Parfois je me dis qu’une esquive totale en bonne et due forme de la personne, c’est plutôt pas mal. Mais bon, dans ce cas, c’est un peu trop radical et pas vraiment faisable dans la réalité.

M’enfin, voilà, j’ai pas trouvé la solution ultime hein, mais j’avais besoin d’en parler un peu pour avoir du recul et exprimer le fond de ma pensée sur tout ça.

Et vous, les personnalités difficiles, vous les gérez comment ?

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8 Réponses

  1. Salut!
    Moi j’opte pour la solution radicale: ne pas avoir de vie sociale lol.
    J’ai du mal à supporter mes congénères en fait.
    J’ai choisi exprès un boulot tranquille ou personne n’a envie de m’adresser la parole (comme avec les rillettes « nous n’avons pas les mêmes valeurs »).
    Oui bon, je te le concède, ne pas vouloir de contact humain, c’est désolant lol.
    Mais du coup, en avoir c’est risqué lol.
    En tout cas chapeau pour ta motivation à réagir de la 3ème manière face à une mal-baisée (c’est comme ça que j’appelle les personnes soupe au lait. Oui les mecs aussi lol)

    1. Hello Miss PandaVG :-),
      J’aime trop les rapports humains pour dire stop, quoique parfois je songe souvent à l’idée de ne plus avoir de vie sociale, parce qu’il y a des choses qui me bouffent tellement…M’enfin, en attendant d’avoir une vie d’ermite, je prends sur moi.
      Moi j’ai l’impression que ce n’est pas que tu ne veux pas de contacts humains, c’est plutôt que vu que tu as du mal à supporter tes congénères, tu est plus à cheval sur tes rapports avec autrui et que tu plébiscites certaines personnes de qualité ah ah ;-).
      « Mal-baisé(e) » ah ah, tes commentaires me manquaient, je me souviens pourquoi maintenant :-).
      Ps : je vais sur le blog, je vois le nombre de commentaires, d’abord je me dis : WTF. Après je me dis c’est PANDA qui est back ! hé oui, c’était bien cette belle surprise !

  2. Moi aussi, j’en connais pas mal, des colériques. Dont notamment ma boss qui estabsolumment adorable en tant normal et qui pique une grosse colère contre moi environ tous les deux, trois mois. Je trouve ca d’autant plus dur que ce n’est pas comme mes parents ou qui que ce soit d’autre au sang chaud, je ne peux pas répondre sur le même ton of course. Ce que ma coach m’a récemment dit et qui m’a beaucoup aidé, c’est qu’il faut essayer d’écouter le message et faire abstraction de la forme. Qu’est-ce qu’elle me dit ? Est-ce que ca peut malgré tout m’être profitable malgré le ton qui lui me vexe? Honnetement, pour être moi- même plutôt sanguine, je sais qu’il existe une grande différence entre ce que je crois exprimer sur le coup (un peu de colère, pas de quoi paniquer, quoi) et ce que les gens percoivent, surtout quand à 90 % du temps ils ont pas la même éducation que moi et donc interprètent ca différement. Et même si oui je peux avoir l’impression que je suis trop forte sur le coup, au final ca me dessert énormément car au mieux les gens finissent par craindre certaines de mes réactions, au pire ils s’éloignent complètement. Donc je fais le raisonnement inversé sur ma boss et je me dis que si elle savait mieux s’y prendre pour exprimer ses émotions ou ses intentions, elle le ferait sans doute puisque tout comme moi elle doit payer assez cher ses coups de sang. Même si ce « prix » n’est toujours visible à l’oeil nu, encore moins pour moi qui me sens humiliée. Et donc, j’essaye avant tout d’analyser froidement ses remarques et de me dire qu’elle fait son job de management et de lui en être intérieurement reconnaissante, puisqu’après tout je peux bénéficier de ces conseils et que je ne serai pas ou j’en suis sans son aide, et peu importe la facon peu aimable dont ca sort. Bien sûr, c’est dur à appliquer et il n’est pas rare que je perde une matinée de concentration à ruminer. Mais en gros, je fais le maximum pour passer « à côté » de sa colère et ne pas alimenter son moulin par mes propres émotions (ce qui aide aussi c’est de l’imaginer comme un bébé :  » oh le gros bébé qui fait un caprice ! »)

    1. Coucou Myriam :-),
      Le conseil de ta coach est tout à fait intéressant, en faisant abstraction de la forme : qu’est ce que la personne essaie d’exprimer. Rattacher la colère à un sens, ça peut déjà permettre de moins la vivre comme une injustice ou une humiliation. Après je me demande tout de même, est ce qu’elle essaie vraiment de te dire quelque chose de constructif à travers sa colère ou bien est ce qu’elle est juste en train d’exprimer une émotion propre à elle qui n’a pas sa place dans l’échange ? Les deux peut-être.
      C’est clair que c’est dur à appliquer, je ruminerais plus qu’une matinée je crois :-), quand tu en parles tu me sembles déjà prendre pas mal de recul et cela même si cela te touche.
      Tu évoques l’impact de la colère sur autrui et ce que cela peut occasionner comme peur ou comme évitements. Est ce que tu ressens aussi cela ?
      Perso, j’essaie aussi de comprendre pourquoi cela me touche autant d’échanger avec quelqu’un qui parle à coup de sang. Je pense que mon malaise vient surtout des émotions qui me viennent à ce moment là. Je creuse encore la question.
      Thanks pour ce commentaire éclairant, bonne jourée !

  3. L’esquive totale, pas toujours faisable quand le colérique notoire est l’un de tes parents, par exemple (c’est mon cas).
    Comme toi, je cherche toujours la.bonne façon d’agir.
    Le dialogue ? Impossible dans mon cas, impossible de raisonner avec quelqu’un qui se met dans des fureurs noires.
    La fuite, le fait d’éviter les conversations sensibles ou au final toutes les cinversations car toutes sont potentiellement sensibles, ça l’énerve encore plus car il souffre de se sentir rejeté.
    Franchement, je ne sais pas. C’est une question que je me pose chaque jour depuis plus de vingt ans…

    1. Salut Aude,
      Eh bien je te comprends vraiment là dessus. C’est un sujet qui me touche de près parce que j’ai côtoyé de très près des personnes ayant ce type de comportement dans ma famille, alors forcément quand j’y suis confrontée dans un autre cadre, j’ai des réminiscences.
      La seule solution que j’ai trouvé c’est d’espacer les rencontres et de comprendre ce que cela provoquait chez moi pour tenter d’adopter une autre position et pour ne plus me faire bouffer par cela. Je pense à mon bien-être d’abord parce que j’ai trop souffert de prendre sur moi des réactions ou des souffrances appartenant à autrui. Pas toujours facile, mais cela fonctionne plutôt bien. Il m’a fallu une trentaine d’années pour avoir un peu de recul là dessus, donc même à plus de 20 ans tu pourrais être étonnée par les ressources insoupçonnées que tu pourrais avoir:-). Lire des livres sur le sujet m’a pas mal aidée également.
      Merci pour ton petit mot Aude

  4. C’est assez étrange ce que tu décris. Je suis une personne « soupe au lait », je ne laisse rien passer : impolitesse, tentative de harcèlement, attaque personnelle non constructive, irrespect, toussa toussa. Tout ce que je me refuse à subir, tout ce que je refuse de faire subir. J’exprime très clairement ma colère, de manière factuelle. Surtout au job. Et puis quand c’est compris, c’est fini. Je ne hurle pas à tout va. Je ne vocifère pas de propos hors contexte. Certaines fois, je me tais, mais c’est pire d’accumuler. Surtout pour la prochaine personne… C’est tout le problème du Soupe au lait : l’accumulation qui peut te transformer en hystérique. Mon secret : le tai chi ! Propose lui une liste de cours de yoga, gi gong, tai chi ou autre. Ça calme… Apprendre à communiquer son désaccord clairement est une chose. Accepter la critique en est une autre. Savoir refuser une crise d’hystérie est un art. Bravo pour ta troisième version, cher maître jedi. Bizz

    1. Bah pour être honnête, j’ai eu l’impression que cela pouvait coller à cette personne, mais le fait est que je ne sais pas si l’expression « soupe au lait » peut vraiment coller finalement. Toi ce que tu me décris, j’ai l’impression que c’est de la sacrée information et je n’ai pas l’impression que tu manques de respect avec autrui. Le fait que c’est une personne qui semble quasi continuellement dans la colère. En dehors du fait que cela me décontenance, ça m’embête aussi pour cette personne, je l’apprécie et j’ai l’impression que cela bloque les échanges. C’est dommage. J’ai déjà essayé d’aborder le sujet et de lui proposer quelques trucs pour calmer le jeu ou s’exprimer de manière constructive. Mais ça n’a pas trop fonctionné. Mouais, je vais peut-être continuer dans la posture Maître Jedi ;-). En tout cas, ce que j’ai compris c’est que c’est aussi à moi de changer mon positionnement si je suis mal à l’aise dans les échanges.
      Merci Lulle, des bisous !

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