Le théâtre saved my life (en toute simplicité)

Je suis toujours étonnée quand je parle timidité avec les gens.

La dernière fois au bureau, on parle de ça avec un collègue. Il a une sociabilité absolument phénoménale, je n’ai jamais vu ça, ça force le respect. Donc, il me raconte qu’il a longtemps été timide, mais que plusieurs activités lui ont permis de travailler là dessus. Dans un 1er temps, je veux lui dire un grand « QUOI ??? Toi, timide, NAaaaan ».

Puis je me souviens que c’est le genre de réactions qu’ont parfois les gens quand moi, je leur confie que oui j’ai été une GRANDE timide et que maintenant ça va mieux, mais j’ai encore pas mal de des restes. Purée, que ça m’agace.

Du coup, je ravise mon « QUOUOI ??? » et je lui demande ce qui lui a permis de vaincre ça et il me répond : le théâtre !!!!

Et là je peux te dire que j’ai bien compris ce qu’il voulait dire par là. C’est que moi, quand j’étais une ado pas trop boutonneuse de 14/15 ans, j’en ai fait. J’ai fait des impros sur des thèmes aussi étranges que « vous gagnez au loto, qu’est ce que vous faites de l’argent », impro où j’avais dit que je m’achèterais 3 scooters.

Les gens étaient pliés de rire.

Encore aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi.

Et puis il y a eu les scènes classiques, le contemporain avec « un air de famille » où je faisais Yolande, les exercices pour poser le corps, la voix tout ça, tout ça. Après les cours, je rentrais avec mes copines. On mettait des heures à regagner nos maisons, faisant et refaisant les scènes. Rigolant sur l’impro de l’une ou exprimant notre émotion, notre surprise, auprès d’une autre qui avait joué avec brio un personnage. J’adorais ces moments, j’aurais voulu que jamais cela ne s’arrête.

A la base, c’est une amie qui voulait s’inscrire. Voulant voir comment ça se passait, mais ne voulant pas y aller seule, elle m’y avait emmenée de force. Ronchon, je l’ai accompagnée, mais je m’étais promise de prendre mes jambes à mon coup dans l’éventualité où il nous serait demandé de participer. Mes prières furent entendues, nous ne fûmes pas sollicitées. Ma copine s’est inscrite et moi bizarrement, j’ai suivi. Je me demande encore ce qui s’est passée pour que moi la nénette craintive, je puisse franchir ce pas. Peut-être bien que j’ai senti qu’il me fallait combattre le « mal » par ma plus grande peur : parler en public.

Pour me donner du courage, je me disais que les vacances serait une bonne période pour me préparer. J’ai un peu trop présumé de mes forces car lors de la 1ère session, vous dire que j’étais tétanisée serait un doux euphémisme. Je me souviens de Anne, la prof disant que nous allions maintenant aller sur le « plateau » et que nous allions nous présenter chacun à tour de rôle. J’ai eu l’envie fugace de fuir par la petite fenêtre située dans les toilettes. J’ai aussi voulu aller voir la prof pour la convaincre que me faire passer sur scène serait une mauvaise idée ce jour là, parce que…parce que…euh…bah…hum je…je…et merde j’ai pas d’excuses quoi.

Plus mon « moment » approchait et plus je sentais mon cœur sortir littéralement de ma poitrine tellement il battait fort. Quand mon tour arriva, un petit filet de voix s’échappa de ma gorge, je balbutiais quelques mots, mais c’était difficile. La prof m’invita à me détendre et de commencer à parler quand je me sentirais prête. Après un temps d’arrêt,  je me suis présentée, j’étais terriblement stressée et pressée d’en finir. Je ne pouvais détacher mes yeux du sol et je relevais la tête de temps à autre pour la rabaisser aussitôt. Une copine assise à côté de moi avait posé sa main sur la mienne pour me réconforter un peu. La prof me demanda alors ce que j’aimais faire dans la vie. J’ai eu un moment de solitude et j’ai fini par lui répondre que j’aimais bien « faire des blagues à mes amies » et que leur réaction énervée ou surprise me faisait beaucoup rire et que…et que…là de nouveau, je ne savais plus quoi dire ou faire. Anne m’a alors regardée et en souriant elle m’a dit : tu aimes faire tourner les gens en bourrique…c’est ça ? J’ai acquiescé, elle a souri de nouveau et me répondit que ce serait quelque chose que l’on pourra carrément exploiter pour les cours de théâtre et que ça pouvait être drôle.

De là, de cet échange si simple, de ce moment où je me suis sentie écoutée et reconnue, il s’est passé un truc. Je dirais que ma carapace s’est brisée. Je ne suis pas devenue une autre, c’est juste que ma timidité ne me semblait plus aussi pesante et que je me suis rendue compte que je pouvais me présenter devant un groupe, que je pouvais affronter ça et que surtout ça s’était très bien passé.

Cette expérience de théâtre m’a vraiment révélée à moi-même. J’étais réservée, cachée, fuyante avec les gens, parlant peu et tentant de me faire oublier par tous les moyens. Et je me suis découverte extravertie, spontanée, bavarde, dynamique. Tous ces éléments de ma personnalité se sont échappés du carcan dans lesquels je les avais bien enfermés et ils ne se sont pas fait prier pour se mettre en avant (encore aujourd’hui ah ah). Plus jeune, je n’aurais jamais pensé venir à bout de cette timidité maladive et il a « suffit » d’une expérience pour qu’il se passe quelque chose en moi qui casse ce schéma établi.

Pfiouh, rien que d’y penser ça me rend toute chose :-D.

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