La mère, La petite fille, La femme

En ce moment, je suis dans ma période livre psy et de développement personnel.

J’en ai terminé un, il n’y a pas longtemps dont je vous parlerais qui se nomme « Mères : libérez vos filles ! ». Comme son nom ne l’indique pas, ce livre traite des relations entre les mamans et leur fils. Mais comme vous l’aurez aussi compris, il évoque surtout les relations mères/filles.

Et c’est effectivement un sujet qui me taraude en ce moment.

Suite à plusieurs situations et questionnements sur moi-même, je me suis mise en quête de mieux comprendre le relationnel que je pouvais avoir avec ma mère.

Nous avons une relation où la complicité, la rigolade et les conversations sur la vie ont une bonne place. On se rejoint aussi énormément sur des valeurs persos. Mais d’un autre côté, j’ai aussi observé que nos rapports sont conflictuels sur bien d’autres points. Comme sur ma manière d’être féminine, mon (sur)poids, ma manière de gérer certaines choses etc. Bref, plusieurs points qui pourraient faire partie des accrochages anodins mères/filles si au fil du temps et du comportement parfois excessif de ma mère ne se révélaient pas autant sources de souffrances et de remises en questions douloureuses pour moi. Faisant un travail sur moi-même depuis plusieurs années, je sais que nos relations mères/filles ne sont pas étrangères à mes problèmes alimentaires, mon rapport ambivalent à la féminité et à mon manque d’estime personnel.

Alors je lis beaucoup sur la question. Cherchant dans les livres, non pas les solutions ultimes qui me permettraient de passer au radar notre rapport, mais les outils qui m’aideraient à comprendre ce qui se passe chez elle, mais surtout chez moi. J’en parle aussi beaucoup avec mes ami(e)s, mon chéri et certains membres de ma famille. Je suis également partie à la recherche de mon passé familial en essayant de cerner qui étaient mes aïeux et mon grand-père maternel (que je n’ai point connu) et leurs influences sur nous.

J’apprends encore maintenant que cette « quête » est aussi difficile que nécessaire, si je veux me « libérer ». Je note surtout que la jeune femme de 31 ans que je suis, a encore du mal à le couper ce putain de cordon. Je le cisaille, je le mordille, il se morcèle, mais il ne se coupe pas. J’ai encore du mal à le trancher de manière nette et définitive. Je pense que cela sera la condition sine qua non, pour apaiser l’enfant qui se trouve en moi et qui n’a de cesse de hurler qu’elle existe et qu’elle ne veut pas être contrôlée, mais comprise et réconfortée. Je pense que cela me permettra aussi de faire la paix entre les deux, moi qui ait parfois l’impression d’osciller entre 2 pôles, ne sachant pas où me positionner et où trouver celle que je suis réellement.

J’ai longtemps combattu cette envie d’analyser ce qui se passe. De comprendre ce qui pouvait me chagriner après des conversations avec elle. J’étais et suis encore tenaillée par ma culpabilité de descendre ma mère de son piédestal, je tente de ne pas la positionner comme un monstre ou une mère parfaite, mais juste comme une personne pour qui j’ai beaucoup d’amour. Et cela m’aide énormément. Je dis progressivement au revoir à  mes pensées négatives trop nombreuses, mes jugements hâtifs et implacables sur tout mon petit être, je perçois plus de confiance, de bienveillance pour moi.  Alors progressivement, j’ai dévié de ma route toute tracée et j’ai laissé derrière moi, presque sans aucun regret, la « fille parfaite » que je pensais devoir être de manière immuable. Elle est coriace, elle se repointe de temps à autre, au moment où je m’y attends le moins, mais j’arrive à la remettre à sa place.

Je suis donc allée explorer un autre chemin pour voir si je trouvais autre chose. J’ai cherché et fini par trouver quelqu’un d’autre, une autre qui n’attendait que ça, d’être remise sur le devant de la scène pour jouer sa partition autant dans le pire que dans le meilleur. Elle a parfois du mal à se faire une place.

Toutefois, elle est aussi tenace et cette autre, ni ange, ni démon, se pose souvent là en équilibre avec un air serein, parce qu’elle est sûre que maintenant l’avenir pour elle, sera bon.

Publicités

14 Réponses

  1. Ahhh mère/fille le combat ^^ !!
    Moi il m’aura fallu atteindre mes 30 ans quasi pour comprendre que mes parents n’étaient pas LA perfection incarnée et que leurs piedestals devaient aussi tomber pour mon propre bien…..moi mon souci était plus mon père que ma mère finalement ^^

    Mais avec ma mère aujourd’hui j’ai compris que par moment elle avait besoin de continuer à jouer son rôle de maman plutot que femme et donc j’ai opté pour le « laisser parler » puis quand on repart dans des discussions de femmes là je reprends les rênes !!

    Quoi qu’en dise ou pense il est vrai que l’empreinte d’une mère est parfois difficile à enlever mais c’est un chemin à parcourir je crois…..la question c’est quel genre de mère serais-je finalement ?^^

    1. Faire descendre les parents de leur piédestal, c’est difficile, mais important pour « mon propre bien » comme tu dis. Et comme tu le dis, le souci à régler peut se faire aussi bien avec le père qu’avec la mère. C’est propre à nos histoires persos.
      La question que tu poses, c’est une question que j’ai beaucoup à l’esprit. J’entrevois davantage la mère que j’ai envie de devenir et même si je ne serais pas parfaite, j’espère que j’arriverais à vraiment respecter mes mômes.

      1. Disons qu’on prend le meilleur de nos parents et on infuse quelques choses de nous-mêmes et ça fait le mélange que nos enfants porteront…plus ça va et plus je me rends compte qu’élever des enfants n’est en rien facile….mais je pense que c’est une grande expérience de vie aussi…..on verra ça ^^

        1. Je me dis aussi qu’élever des enfants, cela peut-être difficile et je comprendrais pas mal de choses quand je serais parent. En attendant, je travaille sur moi en tant que jeune femme.

  2. Je retrouve bien là un beau résumé de nos conversations sans fin sur notre rapport mère/fille. Moi j’en suis pas au point d’écrire ça sur mon blog, car à coup sûr ma mère le prendrait de travers et pour elle… mais c’est super que tu le fasse, ça prouve que tu as déjà dépassé beaucoup de ces blessures, je suis fière de toi poulette! 🙂
    Et oui la petite fille parfaite n’est qu’une image, une illusion, un fantôme auquel on a tellement cru qu’il a fini par vivre un temps en nous, mais rien à voir avec qui l’on a été et est vraiment! et HEUREUSEMENT!!
    bisous bisous
    Elise

    1. Oui j’ai dépassé quelques blessures effectivement d’où ma possibilité d’en parler ici (tu me connais bien).
      L’autre parfaite n’a pas encore tout à fait laisser sa place, mais c’est en bonne voie :-).
      Merci, merci je t’embrasse.

  3. bizarrement je ne me pose aucune question sur la relation avec ma mère, par contre tout ce que je fais avec ma fille c’est l’inverse, j’essaye de ne pas l’influencer… on verra bien! bravo en tout cas, c’est toujours positif même si douloureux de se poser des questions!

    1. C’est intéressant aussi ton positionnement vis à vis de ta fille. C’est assez douloureux, mais c’est aussi très formateur. Je me demande parfois comment je serais quand j’aurais des enfants et je sais que dans tous les cas je serais influencée donc je préfère avoir un peu de conscience sur ce rapport maternel.
      Merci Working Mum pour ce petit mot, des bisous ensoleillés !

  4. Papier trés intéressant. En effet, bravo pour le chemin !!
    J’ai moi-même lu un certain nombre de bouqins sur le sujet, je te passerai les références…Bien qu’ayant fait des études de psycho, et étant trés trés analytique, j’ai tendance aujourd’hui à me méfier de la psy dans le sens ou elle encourage énormement et parfois trop à être dans le  » pourquoi je suis comme ca » plutôt que dans le  » comment j’ai envie d’être »  » comment je fais autrement » du coaching. Je n’ai pas de livres en francais à te conseiller, mais c’est aussi une voix intéressante….Good luck pour la suite !

    1. Salut !
      Je suis d’accord avec toi par rapport à certains ouvrages psy qui sont un peu trop dans l’analyse, plutôt que dans la proposition d’outils pour prendre un autre chemin. Mais c’est ce que j’ai justement apprécié avec ce livre, c’est que l’auteur évoque pas mal d’éléments psys tout en donnant des pistes de positionnement aux jeunes femmes qui souhaiteraient se sortir du « carcan » maternel.
      C’est aussi pour ça que j’apprécie les livres de développement personnel qui expliquent les choses tout en laissant des portes ouvertes aux personnes qui ne souhaitent pas rester dans une posture qui ne les satisfait pas.
      Je veux bien les références, oui.
      Le chemin, j’ai parcouru beaucoup surtout depuis mes dernières années, il était nécessaire que je le fasse pour mon bien-être perso.
      Merci pour ton retour, toujours très instructif :-).
      Bisous, bonne journée !

  5. Encore un très bel article! Et quel chemin tu as l’air d’avoir parcouru! Bravo

    1. Oh, ça me touche tellement ce que tu me dis Béné, merci !

  6. Emilie (Mowree ;) ) | Réponse

    Ta mère lira t’elle cet article ? 🙂

    1. Non, elle n’est pas très blog et internet en général, mais ce ne serait pas problématique car je lui ai déjà dit pas mal de choses écrites dans cet article et je ne la critique pas directement donc j’estime que ce ne serait pas grave. L’article t’interpelle ? 🙂 et merci pour ce premier com.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :