Rire toute seule est-il un gage d’une bonne santé mentale ?

Comme je te le disais en filigrane de mes articles de la semaine, je ne suis pas d’une humeur très enjouée. La faute notamment à un petit moral, à une fatigue pesante, au fait que mon parapluie soit devenu le IT accessoire du mois de juillet et à une envie pressante de voir le mot « vacances » s’aligner en grosses lettres lumineuses, rouges et imposantes dans mon esprit.

En compagnie de ce moral en berne, je quittais le boulot hier et m’engouffrais dans le métro avec un dynamisme digne des meilleurs candidats à la course d’escargots.

Je montais dans la rame et m’agrippant à une barre, j’attendais ma station. Pour ne point m’ennuyer, je regardais mes contemporains.

Il y avait pas mal de mecs en costume cravate, le nez dans leur journal ou les yeux dans le vague, faisant la tronche. Il y avait cette jeune femme qui semblait avoir une tristesse infinie. Une petite mamie avec son caddie et l’air déprimé.

Bref, c’était la déprime totale dans ce wagon. J’ai soupiré et je me suis dit qu’il valait mieux penser à autre chose que de regarder les gens déprimés. Alors j’ai laissé mon esprit vagabondé et j’ai repensé à ma journée du mercredi. J’ai repensé à ce délicieux moment où j’avais été réveillée en sursaut par ma lampe halogène, enfin techniquement c’était pas à cause de la lampe, mais à cause de mon chat. Enfin par les deux, puisque l’animal était monté sur un tabouret situé à côté de la lampe, qu’il a joué plusieurs fois avec les objets qui y étaient suspendus (me réveillant au moins 3 fois par la même occasion). Je l’engueulais et le sommais de s’arrêter. Et tu vois tellement que j’ai de l’autorité, le chat, il attend que je me rendorme et il recommence. Et le bougre a fini par faire tomber la lampe. Sur notre lit et plus exactement SUR ma TETE, n’est ce pas. Furax, j’ai jarreté ce putain d’objet encombrant et j’ai jeté un regard noir vers lui. Il a fini par me regarder avec l’expression la plus douce et mignonne qui soit et qui signifiait : nan, je te jure c’est pas moi, je comprends pas du tout ce qui s’est passé. Puis j’ai posé un pied à terre et le chat a détalé plus vite que son ombre dans l’autre pièce.

Et puis, il y a aussi eu ce moment où j’ai essayé d’esquiver une pauvre mamie qui marchait pas très droit sur un trottoir. N’écoutant que mon courage, je me décale et marche sur la route le temps de la dépasser. Je ne veux pas risquer de lui rentrer dedans. La pauvre. Je reviens d’un pas noble et chaloupé sur le trottoir et là mon fil de casque audio se coince dans un petit pylône de mobilier urbain. Je suis subitement retenue en arrière par le fil. Un peu surprise, je lance un « Oh putain ! ». De là, un mec arrive derrière, il me regarde, regarde le fil et me contourne allègrement (nan, c’est pas comme ci il avait expressément dévié de sa route pour ne pas ôter le fil du pylône, CO-NNARD). Quand à la mamie loin de me remercier pour mon geste de preuse jeune femme, elle se tourne vers moi et m’engueule en mi français et mi-dans une autre langue qui m’est inconnue, me faisant signe que mon « Oh Putain! » lui a foutu la trouille et m’invitant avec moult mouvements de la main à dégager hors de sa vue. Est-il utile de vous dire que mon irritation suite à sa réaction, a augmenté lorsque j’ai constaté quelques mètres plus loin que mes écouteurs étaient dead. Est-il utile de vous préciser que j’ai décidé d’un commun accord avec moi-même que l’on ne m’y reprendra plus à aider une mamie.

Enfin pour compléter ce tableau, j’ai repensé à ce moment où marchant avec de nouvelles chaussures compensées trop jolies de la mort qui tue. J’ai voulu me la jouer Carrie Bradshaw. Je me trouvais dans le parc à côté de chez moi, j’ai tenté de prendre une allure aérienne et classe en marchant et j’ai bêtement rippé sur le pavé parisien. De là, fille expressive que je suis j’ai poussé un petit « hiiii » et j’ai vu une trentaine de mômes d’un centre de loisirs, leurs animateurs et deux gardiens du parc se retourner vers moi. J’ai aussi pu constater le rictus de certains adultes qui me regardaient mi « elle fait pitié », mi »ah ah elle a failli se casser la tronche ». Les gens sont parfois mauvais (quoique j’aurais été à leur place, taquine comme je suis, je me serais sûrement marrée).

Et donc je pensais à tout ça et je me suis mise à pouffer de rire. Un petit peu au début puis plus fort au fur et à mesure que les anecdotes me revenaient. Puis, la poufferie s’est muée en rire sonore et peu discret que j’ai essayé de camoufler en me mordillant les lèvres, puis en plaquant discrétos ma main sur la bouche, puis en essayant de baisser la tête. Je ne sais pas si la fatigue, les coups de mou, la nervosité de rire toute seule dans un lieu public (me disant que les gens me jugeraient sûrement cinglée) ou le fait de voir les autres personnes faire la tronche, mais toujours est-il que j’ai ri deux fois plus. Et même quand j’ai vu ce gars tourné la tête tout doucement pour me zieuter, se demandant sûrement pourquoi je riais toute seule, je ne me suis pas arrêtée (j’ai même commencé à chialer de rire, bordel de fuck). C’est à mi-chemin de chez moi que je me suis un peu calmée et que j’ai fini par reprendre un peu le contrôle de moi-même.

Après je me suis sentie toute légère, guillerette, moins plombée que quelques minutes avant. Donc rire seule ou accompagnée, oui c’est good pour la santé. Alors est ce que c’est vraiment un gage d’une bonne santé mentale, hum…allez soyons fous, on va dire que oui et que ma folie douce du rire ne me perdra pas !

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25 Réponses

  1. […] J’ai été interloquée devant ce couple qui se disputait à coup de grandes tirades. Au départ, ils semblaient bien communiquer puis c’est parti en live et ils ont commencé à s’invectiver. Une vraie scène de théâtre qui a du se poursuivre chez eux puisqu’ils ont franchi la porte de leur hall en continuant à s’engueuler. C’est alors que je vis le néon rose fluo qui clignotait vivement au dessus de la porte et que je me suis aperçue qu’ils logeaient en fait dans un hôtel. Un hôtel qui se nommait : l’hôtel de la paix. Et là, c’était foutu, je suis partie dans un fou rire, toute seule, comme j’en ai parfois le secret. […]

  2. Moi je rigole tout le temps toute seule un rien me fait marrer ! Mais j’avoue que la tu as fais fort dans le métro quand même !!!!
    Moi j’étais la reine des fous rires en classe, et alors une fois pendant ma communion bouhhh je te dis pas la tête du curé !

    1. Ha ha, pendant ta communion, tu as fait fort, le curé devait être outré, coquine va (ça ne m’étonne pas).

  3. j’ai beaucoup ri avec ton article ! et tu sais moi aussi je ris toute seule et souvent d’ailleurs ! je suis de cette nature ! merci pour cet article bisous et bonne soirée 😀

    1. Merci pour ce joli mot, c’est une belle nature que tu as alors Chanone :-), bon week-end des bisous !

  4. TROP drôle! t’as vraiment l’art et la manière de décrire les situations! On s’y croirait presque!

    1. Hé hé hé :-D, je suis contente que cela t’ait fait rire, merci encore !

  5. Ton article m’a bien fait rire en tout cas… Oui rions seuls ou accompagnés !

    1. Merci Yosha, seule ou accompagnée effectivement rions !

  6. Haha qu’est-ce j’ai ri !
    Et oui gros éclat de rires dans ma salle de bain (c’est là que j’embarque mon téléphone en me levant à moitité groggy). J’adore las scène avec ton chat, tu as trop bien décrit le truc, c’est tout à fait ca, la tête innoncente, la mauvaise foi…; Mais aussi, qu’est-ce que vote chat fout dans la chambre, la nuit ??? Nous, la chambre à coucher c’est off-limits!!!! Alors bien sur, elle nous attend postée sur un tabouret devant la porte et miaule de tous ses petits poumons à la seconde où on l’onvre ou alors qu’elle nous entend parler à l’intérieur, mais bon…Et aussi, on a la chatte la plus délicate de la terre qui ne renverse jamais rien parce qu’elle fait hyper gaffe aux verres sur la table et ne saute pas quand elle pense qu’il y aura des dégats. Bref, oui je suis complètement gaga….
    Pour en revenir à toi : j’ai un autre sujet d’admiration. Comment, mais comment fais-tu, pour écrire aussi régulièrement ??? Mercredi, jeudi, vendredi, j’ouvre les yeux et j’ai un message de ton blog.::: Inbelievable ! D’ou te vient le temps ??? Et l’inspiration ???
    Bref, chapeau trés trés bas

    1. Coucou !
      Merci ! Et puis venant d’une propriétaire d’une jolie féline, je le prends vraiment comme un compliment pour la description du cat. D’ailleurs, elle est vraiment trop mignonne votre « Diva ». Je suis contente que tu aies ri 🙂
      Ah, mais nous aussi Mao n’avait pas le droit de s’immiscer dans notre chambre. En fait quand on l’a eu, il avait 6 mois et les premiers jours, on lui a interdit la chambre. Ces 7 premiers jours furent une suite de réveils incessants. Il miaulait à la mort, il grattait à la porte de manière frénétique pendant de longues très très longues minutes, il fichait des petits coups et après il essayait d’atteindre la poignée. Donc Môsieur faisait ça tous les quart d’heure, pendant plusieurs heures. Après plusieurs nuits, nous avons donc capitulé et Mao the cat vient parfois dans la chambre.
      Et puis pour être honnête, moi j’aime bien quand il vient ronronner près de ma tête la nuit et qu’il pose délicatement sa patte sur ma joue (bah tu vois en terme de gagatitude, t’es pas la seule). Par contre, lui il est pas du tout délicat, il fait tomber mon portable, des verres et parfois (et c’est là où avec mon chéri, on est vraiment des mauvais parce qu’on se fiche bien de lui et on rigole)il se rate en essayant de sauter d’un point à un autre ha ha. Je l’adore mon chat-chat.
      Comment je fais pour écrire presque tous les jours ? Bonne question. Déjà j’ai toujours un petit carnet où je note tous ce qui me passe par la tête, ça me permet d’avoir des idées déjà bien ancrées. Ensuite, j’ai l’impression d’avoir presque toujours quelque chose à exprimer et généralement j’ai toujours quelque chose qui me vient en tête, mais parfois je m’auto censure et je mets du temps à le mettre à l’écrit, mais je crois qu’il y a toujours quelque chose à sortir de ma tête. Et puis aussi je me dis que je me suis trop souvent brimée par le passée pour parler de mes émotions, de moi et de ce que je ressens et que maintenant que j’ai ouvert la porte, mieux vaut continuer à la laisser ouverte. Et puis quand rien ne vient, je n’écris pas et ne poste pas. Ça dépend des sujets aussi, parfois je vais écrire rapidement et d’autres ça vient au compte gouttes. Mais j’écris plus vite maintenant. Mais c’est vrai que quand je suis de sortie et que je rentre le soir et que j’écris, il faut que je sois motivée. Je pars aussi du principe que l’écriture est une rivière qui se tarit avec le temps et qu’il faut en profiter tant que l’inspiration est là car cela ne durera peut-être pas.
      Il faut dire que je me couche tard, mais j’ai des horaires de travail qui me le permettent.
      Et toi tu écris comment ?

      1. Ben moi je n’écris pas tu vois bien 🙂
        Je suis tellement occupée en ce moment, que je consacre mes moments de pause à chéri ou à préparer ses 30 ans( dans 5 jours aaah). Au final, je passe pas mal de temps sur Internet mais en mode  » deconnexion ». J’ai souvent des trads ou des articles à rédiger pour le boulot le week-end, quand ce n’est pas des trucs à rendre pour la fac, donc, mon temps de « travail intelectuel » est largement grignoté par tout ca.
        Mais bref quand j’écris, c’est en general suite à une inspiration aussi, un truc fort que je ressens depuis un ou deux jours. je m’installe et ca prend entre deux heures et une aprés-midi. Moi aussi j’écris plus vite maintenant, la pratique au taff aidant notamment. Parfois c’est plus laborieux, parfois c’est comme si on me le dictait, ca coule…
        Voili voilou, en tout cas c’est génial que tu écrives autant.
        Ps : c’est quoi exactemment ton travail ??

        1. Roh bah je trouve que tu es bien chanceuse de pouvoir écrire autant à côté grâce à ton travail qui te plonge autant dans cette créativité. Et puis les études ça prend tellement de temps.
          En ce qui concerne mon travail, je reste discrète (pour l’instant) sur le blog, j’en parlerais, mais pas tout de suite. Mais je t’enverrais un message sur fbk pour t’expliquer.
          Hé d’ailleurs à ton avis qu’est ce que je fais comme job ? 🙂

          1. Heuh je sais pas, quelque chose dans l’évenementiel, culture, prod…. par la ?

            1. Ha ouais t’es pas loin, tu as bien cerné les infos 🙂

  7. Va vite regarder les dernières photos de mon billet du jour, tu risques de rigoler toute seule !

    1. Coucou Oth !
      Ha ha merde, mais j’hallucine ou tu as un talent (hum) certain pour te faire les ongles :-).
      En tout cas, je trouve ça super que tu aies joué le jeu. Hé mine de rien, tu vas peut-être y prendre goût !

      1. Pour une première, c’est pas mal !
        Pour la suite, je n’en sais rien !

        1. Ouais pour une première c’est pas mal !

          1. Un petit ouais ou un grand ouais ?

            1. C’est un grand ouais ! 🙂 (pas sûr que j’ai été aussi douée lors de ma première pose de vernis sans ironie)

              1. Je vais peut-être ouvrir un cabinet conseil !

                1. Vas-y, je suis sure que nous serons plein de blogueuses à te solliciter 🙂

                  1. Je vais préparer les cartes de fidélité !

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