Grandir, en vrai, c’est peut-être pas si dur

 

Je rentrais d’un rendez-vous et je prenais le temps de souffler en marchant dans le parc Montsouris.

Je regardais les férus de jogging, les papas et mamans en goguette avec leur poussette, les bandes de copines, les bandes de copains et les bandes mixtes, les collègues qui papotaient sur un banc de la fin de leur journée de travail.

Il y avait plusieurs personnes sur les pelouses aussi (oui, c’était avant que le soleil décide de se barrer sans prévenir).

Et puis en même temps, j’avais de petites pensées comme ça de ci de là.

Genre : je vais nous faire une bonne grosse salade pleine de fromage ce soir ou genre : à quelle heure je commence demain, han je commence tard, je vais regarder un film et me coucher tard ou, non, mais qu’est ce que cette sique là fout dans mon lecteur MP3.

Puis j’ai croisé une petite en trottinette qui descendait en trombe une petite descente.

Elle souriait.

Et là j’ai commencé à me dire que d’être petit c’était trop bien, que l’on pouvait continuer à faire la fofolle sur une trottinette parce que l’on angoissait moins de se faire mal, que grandir c’était parfois trop nul, que blablabli et blablabla. Puis une autre pensée s’est acheminée vers moi, ça disait :

C’est pas si mal de grandir, tu sais (moui je me tutoie parfois dans ma tête)

Il m’arrive assez souvent de râler sur le fait de vieillir, de devenir adulte que je suis plus toute jeune, que je ne tiens plus autant le rythme en soirée, que je deviens plus chiante, plus paresseuse, que mon caractère change (pas forcément dans le bon sens). Et de manière sous-jacente, j’amène parfois cette idée du « c’était mieux avant » qui se réfère à mon enfance, mon adolescence ou quand j’avais la vingtaine. J’ai toujours l’impression d’avoir perdu quelque chose et de ne plus jamais le retrouver. Pour moi il y a la fin d’une liberté d’être qui est incompatible avec le fait de prendre de l’âge.

Oui, mais laquelle de liberté ? Je ne crois pas que je me sentais si free baby que ça avant. J’ai même parfois l’impression que j’avais davantage de barrières.  Je crois que mon « c’était mieux » avant, je le vois avec mes yeux de maintenant, avec les années qui ont passé et qui se sont chargées d’adoucir les souvenirs. Il y a l’oubli aussi qui fait un bon travail de sape. Au vu de ce qui se passe en ce moment pour moi d’un point de vue familial et les changements que cela occasionnent personnellement, je me dis que non c’était vraiment pas mieux avant. C’était juste différent et je m’aperçois de plus en plus que grandir c’est aussi et surtout (en tout cas pour moi) se (re)trouver. C’est drôle plus jeune, j’avais tellement l’impression que les choses de la vie étaient immuables et c’est vraiment en prenant de la bouteille que je vois comment le changement arrive plus vite que je ne le crois. Et il fait du bien ce changement parce que j’y vois clairement les effets de la jeune femme plus volontaire, plus responsable et plus motivée à être actrice de sa vie à plein temps (et non plus une simple spectatrice assise au fond de la salle).

Et puis parfois je me dis : mais enfin qu’est ce qui t’empêche de faire ceci ou cela hormis tes idées que maintenant, tu es trop vieille pour ces conneries. Mais au final le fait de grandir m’apporte tellement de nouvelles et bonnes choses sur moi que non, définitivement ça ne devrait plus être un problème.

Bon, ça veut pas dire que je m’arrêterais de râler lors de mes anniversaires et de me plaindre que fuck je prends un an de plus. Nan. C’est juste que je commence vraiment à avoir une autre vision du fait de grandir et que je crois vraiment que cela ne retire pas forcément une fraîcheur d’âme ou d’esprit. Du moment que l’on ne résiste pas en se disant que oui forcément avant c’était top et que maintenant c’est naze, le fait de grandir ne peut pas nous entraver je crois.

Pas vrai ?:-)

 

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15 Réponses

  1. […] enfin Elosya nous parle de grandir. En regardant les gens dans la rue, elle fait un constat de sa vie, s’interroge sur le sujet. […]

  2. […] enfin Elosya nous parle de grandir. En regardant les gens dans la rue, elle fait un constat de sa vie, s’interroge sur le sujet. […]

  3. Je n’ai pas le plaisir de te connaître et je suis contente que tes  » soucis  » te quittent peu à peu.Tu parles beaucoup de ton âge, c’est curieux car tu me sembles pourtant bien jeune !!!! je viens d’avoir 65 ans et c’est vrai que l’on ne se regarde plus dans la glace de la même façon, mais ça n’est pas ton cas !!!
    Je vais te donner un dicton qui va te réconcilier avec la vie qui passe:

     » ON N’A PAS LE DROIT DE SE PLAINDRE DE VIEILLIR, C’EST UN PRIVILEGE QUI N’EST PAS DONNE A TOUT LE MONDE  »

    Je te souhaite beaucoup de bonheur. Bises.

    1. Salut Poule Rousse,
      Oui j’ai 31 ans, je suis bien jeune d’un côté et aussi plus vieille ça dépend de quelle génération on se place :-). A 31 ans, je ne me vois plus de la même façon dans la glace non plus, mon visage a changé mais ça ne me dérange pas, c’est le reflet de celle que je suis devenue et c’est un bon reflet de moi-même. La vie qui passe n’est pas un problème, c’est plutôt la sensation de voir de bonnes choses, des évènements de vie et des personnes chères partir qui me rend anxieuse sur l’âge. Heureusement le bonheur peut aussi bien faire partie du passé comme du futur et c’est sur cette idée que je me sens dorénavant plus sereine.
      Je te souhaite également de bonnes choses, bonne soirée !

  4. Quand j’ai vu le titre, je me suis précipitée pour lire l’article 😉
    Je me reconnais beaucoup dans tout ce que tu dis. Forcement….j’ai 34 ans (ahhhhhh) 😉
    Tu as raison, on ne retient que les bonnes choses du passé. Tant mieux dans un sens que les mauvaises s’effacent un peu. Il y a du bon et du mauvais dans chaque période de notre vie je pense. Apres c’est très personnel aussi. Tout depend de ce que l’on vit, de nos expériences, de ce que la vie nous réserve. Je suis une treeees grande nostalgique.
    Je l’ai toujours été, mais je pense que par exemple le fait d’avoir perdu ma maman quand j’avais 27, m’empêche de me réjouir du moment present etc…Tout parait forcement mieux « avant » 😉 En tout cas j’ai beaucoup souri en lisant ton post 🙂 Ça fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule a avoir ce genre de pensées et que c’est surement normal 🙂 Ah, et je voulais juste rajouter que je me fiche pas mal de ce que l’on attribue au fait de « grandir », les changements que l’on « doit » faire soit disant parce qu’on n’a plus 20 ans, je m’en fiche royalement. Je fais ce qui me plait et comme ça me plait 🙂 Les idées que l’on attribue au fait d’être « adulte » me passent au dessus. L’important est de se sentir bien dans sa tête et de faire ce qui nous rend heureux NOUS avant tout, et non pas ce qui plait a la société 🙂 Bonne continuation a toi 🙂

    1. Salut Alissa !
      Ah c’est cool si tu te reconnais. Je suis moi-même une grande nostalgique qui tente de bien s’ancrer dans le présent, mais c’est pas toujours facile.
      « Tout paraît forcément mieux avant », ce contexte que tu décris, je l’ai aussi connue. J’ai également du faire face à un deuil familial quand j’avais 17 ans et c’est aussi une raison pour laquelle j’ai encore du mal à être là « au présent » parce que je garde souvent en tête qu’avant quand cette personne qui m’était chère était là, c’était mieux.
      C’est drôle ce que tu dis sur les idées que l’on s’attribue adulte, comme s’il y avait des « il faut » inhérents au fait d’être grand alors que comme tu le dis l’important c’est de se sentir bien dans sa tête. J’essaie de me dégager de ces « il faut », ça demande des efforts.
      En tout cas, je te remercie pour ce commentaire touchant dans lequel tu as évoqué des éléments persos. Je m’en sens toute touchée et émue :-).
      Bisous, bonne soirée et bonne route sur le chemin adulte !

  5. bonjour, je crois qu’en fait on regarde en arrière parce que ça passe tellement vite qu’on se dit que si on y retournait ça prolongerait encore la vie lol mais je suis d’avis aussi que j’aime mieux maintenant car j’aime bien voir que j’ai changé, que j’ai évolué, que je comprends plus de choses, que je relativise…les années ont du bon je crois 😉
    bel article 🙂 bises

    1. Bonjour Chanone,
      Je crois qu’il y a cette idée de prolonger les choses effectivement. Je te rejoins aussi pour dire que moi aussi j’apprécie de voir que j’ai changé, que je me sens mieux et qu’au final les années ont du bon comme tu dis 🙂
      Merci, merci, bisous

  6. […] enfin Elosya nous parle de grandir. En regardant les gens dans la rue, elle fait un constat de sa vie, s’interroge sur le sujet. […]

  7. Plus si aix-parisienne que ça, je travaille à côté du Parc Montsouris. Je penserais à toi et à ton article la prochaine fois que je le traverserai. C’est sûr !

    1. Excellent, si tu y es souvent on a sûrement déjà du se croiser 😉

  8. faut profiter de tout les instants et s’éclater, petit ou grand !!

    1. Exactly my dear !

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