Prendre de la hauteur

Pff je m’en fous…nan, mais sérieux je m’en fiche…de toute façon, je m’en tape.

Ces petites phrases pseudo-réconfortantes ont régulièrement fait parti de mes expressions quotidiennes pour décrire ma réaction face à certaines situations. Dès qu’un évènement rentrait dans la catégorie « fais chier !!! ». Hop, un petit m’en fous, m’en tape et je n’en parlais plus.

Enfin presque plus.

Je  voyais dans ces phrasounettes, une forme d’auto-persuassion. Une déception amicale, hop un petit je m’en fiche accompagné d’un « de toute façon, ça partait en couille cette amitié alors bon je ne regrette pas que cela soit terminé ». Une déconvenue professionnelle avec des collègues, pas de souci, je proclamais alors : « pfff, je m’en fiche de ces histoires de boulot de toute façon dans le monde du travail on n’est pas là pour se faire des amis ».

Je croyais que c’était ça, mettre les choses à distance.

Je croyais que c’était la meilleure façon de balayer les choses inutiles et qu’ainsi je pourrais arrêter de me prendre la tête ou de souffrir par rapport à une situation.

Je pensais que c’était de cette façon que j’arriverais à prendre un peu de hauteur face à ce qui me touche, me dépasse, me met en rogne. Bref tout ce qui me fait réagir un peu trop excessivement.

Que nenni, en vrai, je sais maintenant que c’est pas comme ça du tout que ça marche chez moi.

J’ai besoin de laisser passer l’émotion que l’évènement provoque. J’ai parfois besoin de laisser sortir ma colère avec perte et fracas. J’ai souvent l’impression de déliter ma tristesse grâce à mes larmes. J’ai des envies de solitude quand des questions assaillent ma petite tête. Quand mes émotions ont fini de se bousculer au portillon. Quand elles ont fini de me confronter à moi-même. Clac quelque chose se débloque.Et je peux vraiment commencer à mettre les évènements, les gens, à distance. Je crois qu’avant, je n’avais pas envie de me dire que des gens ou des situations pouvaient me toucher à ce point. Cela m’était insupportable de voir l’impact terrible que cela avait sur moi.

Je pensais à tout cela suite à une conversation avec mon homme où je lui parlais de mon énervement face à une situation. Mon petit laïus a été suivi d’un trop rapide : « de toute façon, je m’en fous de cette histoire ! ». Puis, je ne sais plus comment on en est arrivé là, mais toujours est-il que nous avons conclu que parfois dire je m’en fous n’était pas le signe que l’on avait dépassé un évènement fâcheux. Chez moi c’était plutôt une volonté de s’en convaincre ardemment.

Alors bien sûr qu’un « m’en fiche » se pointe régulièrement au bord de mes lèvres, je le retiens un peu, juste le temps de me demander : euh…en es-tu bien sûr ma cocotte. Si c’est oui, je le laisse faire sa vie. Si c’est non, je cherche la ou les émotions en jeu qui m’empêchent de le dire vraiment. Pourquoi maintenant ? Je ne sais pas trop. Peut-être une envie d’arrêter de prendre des vessies pour des lanternes 🙂 (j »aime cette expression). Ne plus rester enfermée dans une posture qui n’est pas la mienne et aller vers plus de sincérité, je crois et enfin voir les choses autrement.

  Ça fait du bien tout simplement.

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10 Réponses

  1. Beau témoignage O. ! :)) C’est une vraie prise de conscience de se laisser la liberté d’exprimer ses émotions et de ne pas les refouler. Le plus fou c’est qu’avec la pratique je me rends compte que les émotions partent aussi vite qu’elles arrivent, donc allons-y gaiement vivons les à fond! bisous bisous

    1. Hé hé merci E.;-) (ha ha genre les meufs, elle parle de manière codée). J’aime quand tu parles de prise de conscience, car oui c’est ça, se dire que l’on peut laisser s’exprimer des émotions et qu’on n’a plus aucun intérêt à se brimer là dessus. J’y travaille 🙂 et ça avance (heureusement).
      Bisous !

  2. Je crois que c’est bien de laisser s’exprimer les émotions, sinon elles demeurent enfouies tellement profondément qu’on ne sait plus véritablement qu’on les éprouve et un puis un jour, sans y prendre gare, elles surgissent et nous stupéfient par leur force et leurs violence…
    Vive les émotions!

    1. Bonjour La flâneuse !
      « et un puis un jour, sans y prendre gare, elles surgissent et nous stupéfient par leur force et leurs violence… »j’apprécie vraiment beaucoup ta manière de décrire ce déferlement d’émotions. C’est vrai c’est souvent comme cela que ça se passe alors mieux vaut les laisser filer 🙂
      Bisous !

  3. 1000 fois oui, ça fait du bien de laisser sortir ses émotions, de les laisser s’exprimer plutôt que de les enfermer, les verrouiller à double tour à l’intérieur de notre tête… Et après la déception se digère nettement mieux et fait beaucoup moins de dégâts que lorsqu’on la nie…
    Donc oui : vive la sincérité, elle est salvatrice !!
    bises tout plein

    1. Coucou lheureuse imparfaite !
      Salvatrice, tu as bien trouvé le mot. J’ai beaucoup nié et cela ne m’a pas réussi c’est vrai, tandis que faire face aux émotions m’a toujours profitée oui, même si ça fait mal sur le coup.
      Merci pour ton frais et choupi. Je t’embrasse.

  4. J’appelle ça « mettre les torrents de larmes, les mers de reproches et l’Infâme à la poubelle ». Bizz et vole.

    1. J’aime toujours autant ton sens des formules Miss Lulle 😉

  5. latrentainequelleaubaine | Réponse

    Un très bel article, je crois que c’est bien d’écouter un peu ses émotions pour les laisser partir au lieu de les refouler et qu’elles déboulent un jour sans prévenir. Bisous

    1. Merci Onee !
      C’est pas une mince affaire de faire face à ses émotions, mais j’essaie en tout cas. Des bises !

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