Sensiiible

Je parlais avec une collègue. On parlait de sa fille qui est une petite sensible.

Ma collègue me disait que sa petite l’était vraiment beaucoup (tout comme elle) et qu’elle redoutait que cela ne lui porte bien préjudice plus tard. Elle aurait voulu que sa pitchoune soit plus « armée ».

Je lui répondais alors que selon moi sa sensibilité n’était peut-être pas un si grand problème que ça.

Je lui racontais donc en grandes lignes que moi-même, je suis une grande sensible et que pendant longtemps j’avais pensé qu’à grand renfort d’auto persuasion et de phrases chocs pour me motiver, que je pouvais « combattre » cette sensibilité que je nommais à l’époque « ma sensiblerie » (qu’est ce que l’on peut-être chié avec soi-même parfois). Mon but étant de m’endurcir considérablement afin de faire mieux face aux aléas de la vie.

Mes objectifs c’était de ne plus pleurer comme une madeleine à chaque grosse émotion, de me montrer dure en de nombreuses occasions et d’arrêter les jérémiades. Quand je me relis, j’ai l’impression que je voulais limite devenir un putain de cyborg. Parce que je croyais vraiment que c’était la solution pour que je me blinde.

Bon bah j’ai échoué hein.

Je suis indulgente avec celle que j’étais à cette époque. J’avais enchaîné les coups durs, j’avais l’impression que la vie n’était qu’une succession de merdasses qui n’attendaient que le meilleur moment pour me tomber sur le coin de l’épaule, tel un caca radioactif de pigeon parisien. Moi qui pleure devant les films, surtout quand il y a un animal ou un personnage pour lequel je m’étais prise d’affection qui meurt (putain, je vous raconte pas les larmes versées quand la petite fourmi meurt dans « Chérie, j’ai rétréci les gosses », remember ?). Moi qui suis parfois trop dans l’empathie, moi qui vis les trucs à fond les ballons. Je me dis que j’ai essayé de me bloquer à tout ça et que c’était vraiment couillon.

Alors que ça va mieux depuis que j’ai appris à l’accepter cette sensibilité. Les coups durs, les moments de loose ou de déprime sont toujours là, heureusement par intermittence et maintenant je me connais mieux. Je sais que je « suis comme ça » et que c’est là où j’ai trouvé le plus de réconfort et d’appui pour moi-même. C’est difficile à expliquer parce que c’est plutôt de l’ordre du ressenti. Mais c’est juste une énergie dont je crois avoir fait un atout. Et je crois vraiment que c’est là où je puise ma persévérance et mon courage.

Par rapport à ma collègue, je vous rassure, j’ai fait la version courte 🙂 de mon cheminement, je lui ai juste dit que certaines choses pouvaient nous entraver, mais qu’utilisées à bon escient, cela pouvaient être de formidables moteurs. Je crois que c’est le genre de phrases que j’ai longtemps lu dans des livres de développement personnel. Je n’y croyais pas. En fait, il fallait juste que je m’en rende compte par moi-même.

C’est beau 🙂

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10 Réponses

  1. Ou la la alors moi question sensibilité je crois que j’ai la palme d’Or !! J’ai la boule à la gorge pour un oui ou un non !! Film, un petit qui me dit une gentillesse ! Bref même pour des trucs complétement secondaire parfois et qui arrive à m’émouvoir comme une gneugneu bref je suis d’une sensiblité maladive !! Mais je me soigne et j’apprend à me controler !

    1. Oui je sais que tu es une grande sensible :-), mais c’est top, moi je trouve. Pouvoir sentir et laisser sortir ses émotions, c’est une chose magnifique, qu’au final pas tant de monde que ça arrive à faire. Moi je me dis que c’est une bonne chose parce que cela nous évite de se dissimuler derrière des émotions qui ne sont pas les nôtres. Un/une sensible aura du mal à se voiler la face sur ce qu’il/elle ressent et perso je trouve que c’est une bonne chose, enfin c’est mon humble avis :-).

  2. Mais oui laissons notre sensibilité s’exprimer! Elle nous rend humains!
    Bon je t’avoue que quand je sens ma gorge qui se serre parce qu’une personne vient de gagner un jeu à la radio et que je suis contente et émue pour elle, je me dis « putain sensibilité oui, sensiblerie non!!! »
    La juste mesure c’est ça? Ca dépend des jours…
    Des bisous

    1. Coucou !
      Oui en fait ça dépend des jours et en y réfléchissant bien, je crois que la « juste mesure » dépend de chacun et de notre humeur du jour. Il y a des fois où je vais craquer sur de petites choses, ce sera la fatigue ou un truc qui me tient à coeur et que je n’arrive pas à sortir. Et puis d’autres fois, rien pas une larme, c’est étrange parfois.
      Et puis moi je trouve ça choupi que tu exprimes ta joie même quand c’est une inconnue qui gagne à la radio. Si l’émotion est là, il faut la laisser sortir.
      Bises ! Bises 🙂

  3. Rhooo vi c’est boooo !
    Je suis moi aussi d’une sensiblerie qui confine parfois au pathologique mais j’avoue qu’avec le temps, j’ai appris à me soigner !
    Les épreuves, la vie quoi se chargent de nous faire changer même si dans le fond, on restera toujours plus sensibles que d’autres. C’est un fait. Faut de tout pour faire un monde !
    Et tant que l’on n’en souffre pas plus que de raison, pas de quoi s’affoler (parole de ma psy).

    1. Hello Marie,
      Oui tu as raison, on reste toujours sensible, c’est juste qu’avec le temps on arrive à composer avec cela et à l’accepter. J’aime beaucoup la parole de ta psy, tant que l’on ne souffre pas des choses, pourquoi se compliquer ou se mettre à s’angoisser. Je suis totalement d’accord avec ça.
      Bises !

  4. c’est bien aussi d’être sensible dans un juste milieu évidemment

    1. Oui dans une juste mesure je suis d’accord 🙂

      1. Non ya pas de juste mesure c parfois trop irrationnel,et pour communiquer avec cette sensibilité faut la laisser s’exprimer ou trouver les bons terrains pour l’exprimer c ca pour moi l’important.Comme pour moi la musique ,pleurer parler rire.Mais c vrai que lutter contre sa fragilité j’ai connu ça aussi et ct très dur quand je gardais ça. Faut accepter d’etre soi et extreme parfois,
        on se sent vivant et meme si on se trouve bizarre, etre singulier, c etre vivant.Enfin faut vivre les peines et les joies quoi et pas se nier j’suis d’accord c ce qui ya de pire.

        Tchek le developpement personnel!

        1. Coucou Serge !
          Bon en te lisant, c’est vrai que je suis d’accord qu’il faut l’accepter dans toute son extrême, cette sensibilité. Mais je pense que quand on a fini par la comprendre et l’amadouer, c’est important de la sentir dans une mesure moins extrême, toujours aussi forte, mais plus constructive pour soi.
          Parce que oui si c’est de la juste mesure pour la nier à nouveau, c’est pas la peine. Et puis comme tu dis « être singulier, c’est être vivant » et c’est déjà bien de l’accepter.
          Merci pour ce petit mot, bises 🙂

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