Instantanés # troisième du nom

Hé oui, après une semaine, c’est déjà le retour des instantanés.  A l’ordre du  jour, des petits morceaux de vie.

Vous me direz comme d’hab et vous aurez raison.

 – j’ai pensé très fort à mon amie enceinte en Israël. Elle doit accoucher incessamment sous peu et je me réjouis de savoir qu’un petit être va bientôt débarquer dans sa vie (en plus il se pourrait qu’il arrive le jour de mon anniversaire, j’aimerais trop) et qu’il recevra beaucoup, beaucoup d’amour. D’un autre côté, je me sens un peu triste de ne pouvoir être là pour ce beau moment. Grâce à la technologie, j’ai parfois l’impression qu’elle n’est pas si loin. Seulement, ce genre d’évènement me rappelle aussi que je ne suis pas à côté et que je verrais la bouille de ce petit chou uniquement en photo. Toutefois, je me répète souvent : loin des yeux, près du coeur. Bon d’accord, je l’ai inventée celle-là, mais dans ce cas, c’est très vrai.

-j’ai vu le temps qui s’est arrêté lorsque ce petit couple s’est dit au revoir. Le métro était sur le quai. Ils ont brièvement échangé quelques mots. Ils se sont embrassés tout aussi rapidement. Elle s’est retournée pour partir. Puis elle a délicatement saisi la main de son chéri et lui a caressé doucement la paume. Elle s’est ensuite engouffrée dans la rame.C’était touchant.

-j’ai été étonnée de voir sous un nouveau jour le mec qui me donne le Métro tous les matins à ma station. Il retirait son imper de couleur verte. Il m’est tout à coup apparu comme un super héros retirant son costume après avoir accompli sa mission du jour : donner son stock de journaux gratuits à des gens souriants, râleurs, polis, qui le regardent à peine, qui le remercient tous les matins, malpolis, qui le gratifient d’un regard complaisant, qui ne le voient même plus, qui lui arrachent le journal des mains, qui lui foutent de gros vents ou qui se demandent quel vie il a, à côté de ce job.

– je m’énerve tous les matins en passant près du buraliste situé près de mon taf, parce que je vois la couverture d’un magazine féminin avec en gros titre « Bien dormir, c’est magique » et que je me prends cette couverture comme un gros foutage de gueule puisque je suis très fatiguée en ce moment et que je dors pas beaucoup. Alors tous les matins, j’échafaude une nouvelle insulte irrationnelle (car je me rends bien compte que c’est un objet inanimé que j’insulte) à l’attention de cette couverture qui me nargue à fond les ballons.

– j’étais interloquée et limite agressive envers une jeune fille que j’ai vu en ballerine (sans chaussettes), un jour où il faisait 0°. Juste, est ce que quelqu’un pourrait m’expliquer l’intérêt de porter des fucking ballerines les jours où il fait tellement froid qu’après 2min30 dehors, tu as l’impression que le moindre courant d’air te gèle la parcelle de peau qui n’est pas protégée. Hein ? pourquoi ?

– j’étais heureuse devant le sourire d’une jeune femme dans le métro. Elle semblait manifestement très fatiguée et avait mauvaise mine. Une place s’est libérée à côté de nous deux et je lui ai fait signe qu’elle pouvait la prendre. Je descendais bientôt et je n’avais pas envie de m’asseoir. Et puis en toute honnêteté, elle me faisait un peu de peine. Alors elle s’est tournée vers moi, m’a fait un énorme sourire de gratitude puis elle s’est installée à la place. Elle luttait pour ne pas s’endormir, mais après quelques instants elle est partie dans les bras de Morphée. Et la ride d’inquiétude située entre ces deux sourcils, a laissé place à un visage à l’expression douce et paisible. Je crois qu’elle a fait de beaux rêves.

-j’ai adoré voir 4 jeunes gars dans un bistrot en train de prendre leur petit-dej. Ils parlaient avec animation quand tout à coup, ils ont été pris d’un fou-rire. J’aurais aimé être une petite souris pour savoir ce qui pouvait bien égayer leur journée à cet instant.

-j’ai accompagné mon amie Stepf à la gare. J’étais contente de prendre encore un peu de ce précieux temps pour papoter avec elle. De parler de nos prochaines sorties. D’évoquer les futurs projets de l’une et de l’autre. De se confier l’une à l’autre jusqu’au dernier moment. De rire beaucoup aussi. Puis quand elle est montée dans le TGV, je faisais encore la guignolo derrière la vitre. Le train est parti et je me suis dirigée vers le métro. Je me sentais émue. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être le fait de devoir dire au-revoir à une amie très chère que je revois dans pas si longtemps, mais que je préfère savoir proche de moi géographiquement. Ou peut-être bien que j’étais très fatiguée et que les adieux de gare, ça me rend toujours toute chose. En même temps, c’était tellement mignon et revigorant de passer encore un peu de temps ensemble que cette  douce mélancolie a progressivement laissé place à un joli dynamisme de dimanche de fin d’après midi.

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16 Réponses

  1. Comme Marie Mail Tout, je ne comprends pas les minettes qui mettent un short par dessus des collants tout fins alors qu’il fait -12° à Toulouse. J’ai vu ça l’autre jour, j’ai eu encore plus froid alors que j’avais pas besoin de ça. Moi je mets 3 pulls, un jean épais (de grossesse avec un bandeau autour du bide pour que bébé soit à l’abri du vent même s’il est à 37° dans le liquide amniotique), des chaussettes hautes, des bottes, un gros manteau chaud, un bonnet sous ma capuche, un foulard sous mon écharpe épaisse et des gants qui montent jusqu’aux coudes. Même avec ça j’ai froid alors la minette avec son short, je ne capte pas.

    1. C’est un mystère que je ne m’explique pas moi-même, je crois qu’un jour j’irais poser la question directement à la fille parce que ça m’échappe vraiment comment on peut se saper comme ça (j’ai quand même vu un mec en T-shirt par -5 enfin il avait des gants et une écharpe, j’étais aussi effarée que pétée de rire).
      Pour ta tenue de camouflage anti-froid, moi c’est un peu la même et il n’y a que bien couverte que je me sens bien.

      1. L’idéal serait de se promener dans une grosse couette moelleuse!

  2. La façon dont tu décris les gens que tu observes me laisse penser que tu es quelqu’un d’une gentille extrême 🙂

    1. Oh mais, oh mais, oh mais tu vas me faire rougir de plaisir Gaelle. Je ne suis que guimauve devant cette douce parole. :-). Merci.
      Bonnes soirée

  3. Et moi j’aime tellement tes instantanés !! Toujours bien décrit est retranscrit !!!!
    Je te comprend pour le sommeil ! Fatigué aussi mais malgré tout je dors mal !! Moi je crois qu’il nous faut le printemps et viiiteeeeeeeeeee !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Et au moins les ballerines seront justifiés !!!
    Bisous et bonne journée et observe bien hein ! Pour tes prochains instantanés !!

    1. Tu es gentille Marielle et je suis heureuse que tu apprécies autant les instantanés. Oui, l’hiver n’aide pas pour atténuer la fatigue. Quand le printemps reviendra, je mettrais mes ballerines (qui à cette saison servent VRAIMENT à quelque chose).
      Bonne soirée et je ne manquerais pas de poser mon oeil de lynx sur les autres.

  4. je te l’ai déjà dit il me semble mais j’aime beaucoup tes instantanés… c’est à la fois drôle et touchant … et surtout toujours très bien écrit !

    1. Quels compliments, ça me touche Laurie. Je te remercie !

  5. ils sont toujours top tes instantanés, moi c’est mon petit neveu que je verrais pas souvent hélas, mais vive la technologie !!

    1. Oh oui ton petit neveu :-), je suis sure que Tata Bavarde fera plein d’allers-retours pour aller voir ce petit chou quand il sera né.
      Je suis contente si les instantanés te plaisent. Bisous !

  6. J’ai moi aussi du mal avec les gens qui ne savent pas s’habiller par grand froid.
    En plus des ballerines, n’oublions pas non plus les collants tout fins et la jupe à attraper un rhume de l’entre-jambe.
    Ou alors les gamins qui se baladent en T-shirt. Mais c’est vrai aussi que ces choses-là ignorent le froid. Pas comme les petits vieux en puissance que nous sommes …

    1. Ha tu me rassures Marie, je me sens moins seule. C’est vraiment une incompréhension totale pour moi. Pire, ça m’énerve et je ne sais même pas pourquoi. C’est vrai que nous les petits vieux, on craint le froid. Quoique même quand j’étais jeunette, je craignais autant le froid. Enfin là avec les moins 12 degrés annoncés sur Paris vendredi, j’attends de voir si il y a encore des gens chelous qui s’habilleront comme ça.

  7. J’adore tes instantanés, ça me plait beaucoup!

    1. Merci Clochette ! Des bisous !

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