Un souvenir ça tient souvent à très peu de choses


C’est marrant comme un souvenir peut te revenir en pleine poire au moment où tu t’y attends le moins (enfin disons que chez moi c’est comme cela que ça se passe).

Je suis là en mode patapouf dans le métro par exemple, limite en mode zombie et mon oeil se fait happer par quelque chose ou quelqu’un et c’est la déferlante. J’ai des souvenirs divers et variés mais j’ai tendance à l’oublier. Vois-tu, j’illustre parfois très bien l’expression c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Comme lorsque je regarde ces deux ados assises sur des marches du forum des Halles, gloussant bêtement, avec un écouteur pour deux et qui chantonnent à 15 heures de l’après midi du Justin Bieber. Attends je répète du JUSTIN BIEBER. Quand les garçons passent, elles se murmurent des choses de la plus haute importance et elles leur jettent des regards coquins. Puis elles se mettent à rougir et semblent gênées car finalement  les mecs viennent vers elles. J’aime bien les fausses tentatives de drague où les filles (ou bien les mecs d’ailleurs) sont finalement gênées de se retrouver face à leur target. Et puis je me suis souvenue de l’ado « inspirée » que j’étais et qui arpentait en bande les allées du centre commercial, qui chantait du Mariah fucking Carey à tue-tête et qui essayait d’aborder les garçons avec ses copines. En passant, je crois que l’on a jamais trouvé le courage.

Ou à l’image de cette jeune femme qui se trouve en pleine conversation téléphonique dans la rame du métro. Comme la plupart des gens du wagon, je profite de sa conversation car oui elle nous parle de ce « mec » dont elle est trop « love » et « tu sais pas ce qu’il me dit le mec » ha bah il lui a dit qu’il n’aimait pas sa coupe de cheveux. Selon MA version de l’histoire, il a du lui dire de fermer sa gueule mais je pense que le cerveau de la jeune femme n’a pas enregistré cette information. Dans un premier temps, je m’insurge intérieurement contre cette rustre qui nous hurle sa vie dans tout le wagon. Et puis insidieusement, il me revint en tête, cette après midi où sur le chemin de la gare je discutais au téléphone. J’aperçus au loin deux hommes me faisant de grands signes. Étant éloignée de plusieurs mètres, je ne comprenais pas la signification de ces signes et pourtant j’ai une bonne vue. C’est en me rapprochant que je compris que le premier me faisait signe de « baisser le son » quand l’autre faisait le signe « chut » à coups de grands gestes. Au vu de leur expression, on aurait dit qu’un concours de klaxons de voiture de tunning se passait juste à côté d’eux. Non, c’était juste moi, ma voix et mon téléphone. Depuis ce jour funeste, je tente de chuchoter au téléphone mais bon vu les gros yeux que me lancent les autres passants, je crois pouvoir dire que j’échoue lamentablement dans la discrétion téléphonique.

Il y a ce mec qui se trouve à quelques tablées de la mienne dans ce café. Plutôt pas mal, il sirote sa bière, tout en lisant un journal, il répond à son téléphone avec une voix qui se veut assurée mais qui ne l’est pas. A un moment donné, il sent que je l’observe alors il prend encore plus ses aises et c’est limite s’il ne gonfle pas le torse. Il lève le doigt pour appeler le serveur, une fois, deux fois et se prend juste des vents. Pire le serveur semble ignorer ce quidam intentionnellement. A un moment donné, le serveur vient le voir et prend sa commande. C’est avec une grosse voix qu’il commande une binouze « bien fraîche » s’il vous plaît. Ben non forcément, on va te servir une bière à température ambiante bouffon. Et je sens qu’il m’agace au plus haut point. Imbu de lui-même, il se prend pour le roi de la pampa. Je le trouve ridicule et je me dis que c’est pas de cette façon qu’il va attirer l’attention d’une fille. Quoique, j’ai déjà vu ce comportement quelques…ha ouais c’est bon, je remember. Dans l’allure et dans le comportement, il ressemble à s’y méprendre à un autre quidam que j’ai connu il y a longtemps. Notre relation amoureuse avait tourné court étant donné l’égocentrisme du personnage. Malgré cet égo surdimensionné, je n’avais eu aucun mal à m’intéresser à lui pourtant à l’époque. Mouais, voilà le genre de souvenirs dont je préférerais me délester.

Et puis cette maman et sa fille qui rigolent dans le métro. A première vue, elles ne se ressemblent pas tant que ça. L’une petite, l’autre très grande, l’une châtain claire aux yeux noisettes, l’autre une brunette aux yeux bleus, l’une à la silhouette mince, l’autre à la silhouette opulente. Tout semble les séparer physiquement et pourtant, il y a ce petit quelque chose dans les gestes, dans les traits du visage et dans leur complicité qui montre qu’elles sont évidemment mères et filles. Quelques minutes avant pourtant, la fille affichait une moue boudeuse pendant que sa mère faisait la conversation. Il a suffit de quelques paroles échangées et elles ont été prises d’un fou-rire incontrôlable. Dans ces cas là, je me vois bien avec ma môman. On se prend le chou mais on laisse aussi la place à des fous rires sortis de presque nulle part mais dont elle et moi connaissons bien l’origine.

Et puis il y a ce monsieur avec son petit bonnet jaune et noire. Ce bonnet que je remarque chez d’autres hommes qui portent aussi un boubou et un pantalon tissé. Je reconnais bien là, la marque de la tradition chez ces hommes issus de l’Afrique de l’Ouest. Et là je me souviens qu’à la sortie de l’école c’est de cette façon que je savais que mon papa venait me chercher. Il arborait ce bonnet et mon oeil aguerri le repérait tout de suite dans la nuée de parents qui attendaient au portail. Comme un rituel, il prenait mon cartable tout en me demandant comment s’était passé la journée. Puis il me donnait mon goûter et je lui parlais sur tout le chemin. Moi la timide maladive à l’école, j’étais une pipelette en roue libre en sa présence. Et donc ce jour là dans le métro, malgré la fatigue, malgré mon envie de m’avachir sur mon siège, je me suis redressée et j’ai regardé avec un sourire plein de nostalgie ce monsieur et son bonnet. Et pendant que je repensais à tout ça, mon MP3 a passé cette chanson :

Et là j’ai eu une envie subite de voyage et d’ailleurs. Je me suis dit qu’il était peut-être temps de se jeter à l’aventure. Qu’il était peut-être temps d’aller là bas pour créer et ramener des tas de souvenirs. Ce pays pas si loin dont je ne connais que le nom mais qui pourtant m’appelle. Chiche que tu le fais me dit ma petite voix sympa et encourageante. Fais moi confiance lui ai-je répondu, je le ferai.

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4 Réponses

  1. fais le! je t’accompagne si tu veux :p

    1. Bah écoute pourquoi pas 😉 !

  2. C’est fou, tu m’as émue dans les toutes dernières lignes. Ce retour, ou plutôt ce besoin de contact avec tes racines, ça me parle aussi.
    J’adore quand un souvenir comme ça arrive après une divagation de l’esprit quand quelque chose qu’on voit nous rappelle un truc puis un autre puis un autre puis un autre.
    OMG Justin Bieber, mais comment être fière de chanter ça à voix haute??? Là je ne comprends pas.

    1. Merci ma Panda♥. Je sais que pour toi aussi ce contact avec les racines te parle et que tu gardes cette envie dans un coin de ta tête.
      Pour Justin Bieber je sais pas ce qui est le plus perturbant. Le fait que des minettes puissent chanter sa chanson à voix haute ou le fait que j’arrive à reconnaître une chanson de Justin Bieber ??? Le mystère reste entier !

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