Les enfants sont formidables

En ce moment, je garde un petit bout de chou après l’école. Mon plus grand défi ce n’est pas de jouer avec lui, de lui faire prendre son bain ou de lui faire à manger. Non, mon plus grand défi est de surveiller mon langage quand je suis avec lui. Quand je m’énerve, j’ai une fâcheuse tendance à sortir un « Putain », un « Merde » ou un « Fait chier ». Je suis sure qu’il doit entendre pire à l’école. Mais quand il est avec moi j’essaie de préserver ses oreilles. Un jour que j’étais au parc d’enfants, j’ai assisté à la scène suivante :

Je vois un papa qui prépare le goûter de son petit bonhomme. Le papa déchire l’emballage d’un gâteau qui tombe par terre.

Le père : aaah meeeerrrrdeeeeeeeee

Le petit : merde, merde, puis en GUEULANT : MERDE, MERDE !!!

Le père : non, non, non c’est pas joli comme mot, il ne faut pas dire ça mon chéri. Tu as compris ? Le petit hoche consciencieusement la tête.

Quelques minutes plus tard, le petit chantonne en faisant le tour d’un toboggan :  ♫ la la la la la ♫ la la la la la la ♫ youpi tra la la la ♫ na na na na nère Merdeeeee ♫ na na na na merde, merde, merdeeeee ♫.

Son père : Ça suffit, je t’ai dit que ce mot, il n’est pas joli, il ne faut pas le dire. Non mais MERDE QUOI !!!

Le père grimace.

Le petit s’arrête, le regarde, sourit, puis reprend hilare : ♫ merde, merde ♫ merde, merde ♫.

J’aurais pas fait mieux que ce pauvre papa. J’avoue. Et pour prévenir ce genre d’anecdotes, je suis devenue une adepte du mer (wait for it) credi. Oh mer (arrêt) credi, j’ai fait tomber de l’eau par terre. Mer (arrêt) credi, je me suis coincée le doigt dans la porte, mais zut de mer (arrêt) credi pourquoi tu as étalé de la peinture sur ton pantalon mon petit. Sauf que je ne suis pas parfaite et que le mot « merde » sortira à un moment ou un autre de ma bouche. Je le sais.

Les enfants voient, entendent et retiennent presque tout. Le meilleur exemple c’est l’école des fans. Des parents qui pensent avoir leur quart d’heure de célébrité. Un Jacques Martin qui met le petit en confiance et l’amène à parler de sa famille. Avant de chanter, l’enfant parle peu, beaucoup, trop ou pas du tout mais Jacques trouve toujours le moyen de lui faire raconter l’anecdote familiale qui tue. Car, le petit ne racontera pas la fois où vous avez sauvé Fluffy le chien de la famille de la noyade ou quand vous avez passé toute une après midi à réparer son vélo

Non, non que nenni.

L’enfant s’épanchera sur la fois où vous (sous-entendu parents indignes) êtes rentrés imbibés après une soirée bien arrosée. Il fera le récit avec moults détails du fait que depuis quelques mois vous ne dormiez plus dans le même lit. Et que papa dit plein de méchancetés sur la maman de maman. Et voilà comment, une anecdote familiale peu reluisante est révélée devant des millions de téléspectateurs et accessoirement aussi devant les collègues de boulot, la famille et les voisins prévenus à grand renfort de « le petit et nous passons à la télé ouhouh ». Après l’émission c’est plutôt  « oui (soupir de regret) on a fait l’école des fans…non mais les gosses vous savez beaucoup d’imagination…il faut pas croire tout ce qu’ils disent hein. »

Comme le disait si bien Alain Chabat dans sa parodie de l’école des fans : les enfants sont formidables.

*Source photo : site directmédias

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